Au titre de l'article, on s'attend surement à un "Ouéééééé Tolkien c tro b1 il a ékri le snr dé ano ac Gandalf é tt tro kool !"
Le Seigneur des Anneaux est un excellent livre, rien à dire. Mais en l'occurence, je voudrais parler d'une oeuvre plus méconnue de Tolkien, et pourtant primordiale : l'histoire de Lúthien Tinúviel et de Beren Erchamion.
Le cercle de connaisseurs se réduit encore. On retrouve une version de cette histoire dans le Silmarillion, ouvrage faisant souvent figure de "résumé". En effet, la version que l'on connait est une compilation des notes de Tolkien, réalisée par son fils, et publiée à titre posthume.
Parmi les récits abordés dans ce livre, qui couvre l'histoire de la Terre du Milieu de sa création à la fin du Seigneur des Anneaux, on trouve le mythe de Beren et Lúthien.
Cette histoire est intéressante dans le sens ou elle constitue une métaphore des difficultés qu'il a rencontré pour pouvoir épouser Edith Bratt, la femme de sa vie. Ton son talent mobilisé pour écrire une Ode à l'amour bouleversante, via la quête d'un humain et d'une elfe, s'aimant malgré l'opposition de leurs peuples. S'ensuivent de très longues aventures que je ne résumerais pas ici.
Tolkien a vite été un orphelin et a passé une partie de sa vie avec un prêtre qui fut son tuteur. Lui et Edith sont tombés amoureux quand ils étaient jeunes. Le prêtre n'était pas d'accord pour que Tolkien revoit sa bien aimée avant qu'il ait dix-huit ans. Et entre temps Edith avait été fiancée à quelqu'un d'autre. Il a pu se marier avec elle de justesse.
Dans sa biographie, écrite par Humphrey Carpenter, on trouve : "Quand il pouvait avoir une permission, Edith et lui allaient se promener dans la campagne. Ils découvrirent près de Roos un petit bois où poussaient des buissons de fenouil et où ils aimaient se retrouver. Ronald se souvient d'Edith à cette époque : «Elle avait les cheveux d'un noir de jais, la peau blanche , les yeux brillants, et comme elle chantait - comme elle dansait !» Pour lui, elle chantait et elle dansait dans la forêt, et cela donna le conte qui est au centre du Silmarillion : l'histoire d'un mortel, Beren, qui tombe amoureux de la jeune Elfe Lúthien Tinúviel, quand il la voit danser dans les bois, au milieu des fenouils."
Tolkien, décrit par ses proches comme exprimant rarement ses émotions profondes, devra attendre la mort de son épouse pour enfin écrire, dans une lettre à son fils :
"Elle était (et elle le savait) ma Lúthien. Je n'en dirai pas plus ici. Mais j'aimerais bientôt pouvoir parler longuement avec toi [Christopher Tolkien]. Car, comme il est probable que je n'écrirai jamais de biographie en bonne et due forme - c'est contre ma nature, qui exprime ses sentiments les plus profonds par le mythe et la légende -, un de mes proches devrait savoir un peu de ce qu'on ne trouve pas dans les biographies : la tristesse et la souffrance de notre enfance, dont nous avons trouvé l'un par l'autre notre délivrance sans jamais vraiment guérir des blessures qui se révélèrent plus tard comme des infirmités : les souffrances que nous avons endurées dès la naissance de notre amour - tout cela (qui va plus loin que nos faiblesses respectives) peut aider à faire pardonner ou à faire comprendre les erreurs et les ombres qui ont parfois gâchés nos vies - expliquent aussi comment cela n'a jamais touché ce qu'il y avait de plus profond en nous, ni jamais obscurci le souvenir de notre amour de jeunesse. Nous n'avons jamais cessé (surtout lorsque nous étions seuls) de nous rencontrer dans l'ombre de la forêt, la main dans la main, pour fuir l'ombre d'une mort proche avant notre séparation"
Il écrivit des dizaines de versions de cette histoire, qui ne s'achevera jamais. En effet, sur les tombes du couple, on peut lire :
Edith Mary Tolkien, Lúthien, 1889-1971 John Ronald Reuel Tolkien, Beren, 1892-1973.
Source des citations : http://tolkiendil.com/
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