|
|
| Oiseau de malheur, sur ta branche Détenant, tel un otage Dans ton bec, un fromage Rusé goupil, au ventre affamé, Tu es guidé ici par ton nez. "Pour un oiseau de mauvais augure, Vous avez bien belle allure, messire" lui dis-tu. "On prétend votre croassement disgracieux, Mais nul doute qu'il s'agit là d'un mensonge de plus Que sont les faucons et autres hiboux prétendumment gracieux A côté de votre beauté méconnue ?" Tu n'es guère habitué à tel traitement, charognard. Si les pierres qu'on te lance ne font jamais mouche Les compliments, eux, te touchent. Et voulant glaner quelques autres bontés, Tu bombes le torse, te racles la gorge. Tu es bien prompt, goupil A te saisir du butin dégringolant Que tu viens de gagner par quelques paroles adroites Faux compliments d'autant plus efficaces Que le volatile n'en méritait manifestement aucun Ainsi te l'explique le fin renard Et te voici certes instruit, mais à jeun.
Auteur inconnu.
|
|
|
|